Comment ca va l’école à mi parcours?

ParEmi

Comment ca va l’école à mi parcours?

Le sujet récurrent et angoissant des parents qui partent avec enfants en obligation d’instruction.

Nous en sommes à mi-parcourt. Comment se sont organisés ces leçons, cette école peu orthodoxe ?

Faut pas se le cacher, c’est la plus contraignante activité pour les enfants, la plus laborieuse et exténuante des obligations parentales. L’école mène à des disputes et des  engueulades même entre parents.

En lisant les blogs, en demandant conseil au FAM (merci et merci et merci), je savais que cela se produirait. La peur de ne pas être à la hauteur car nous n’avons pas fait de hautes études et nous étions des élèves moyens me faisait douter de mes capacités. Les deux adultes ne se soutenaient jamais. Voir les 3 contres moi quand j’insistai pour qu’ils étudient et qu’ils se tiennent à leur programme défini:

  • 2 h d’école le matin tous les jours sauf le dimanche.
  • Adrien maths ou français et une matière secondaire plus un livre/mois avec compte rendu.

Nous avons de la chance nos enfants ne sont pas malade en voiture et arrivent à travailler en roulant. Pour Adrien, il a fallu le convaincre que c’était vrai car avec nous il n’a jamais été malade mes avec ses grands-parents tout le temps. (à d’autres…).

Notre organisation du départ n’a pas trop évolué. Ils commencent à travailler pendant que nous nous préparons et rangeons Ycare.

  • Pour Nina, c’est l’écriture qui est privilégié à ce moment, donc le plus souvent le français et la lecture. On démarre quand les exercices sont moins écrits. (logiquement ça prend 45 min au max).
  • Adrien les 3/4 du temps travail sur le PC les cours du CNED (non renvoyé mais avec  correction). Nous avions bien préparés en amont la manipulation des unités /séances. (au bout de 2 mois je me suis aperçu qu’il n’avait fait aucun contrôle).

Ca c’était l’idéal et sa fonctionne à peu prés.

J’ai repris les bases de Français au départ pour savoir sur quoi je devais insister.

Adrien:

  • Adrien est dys. OK, il a des difficultés ciblés et normalement si on suit « l’école » il a 2 ans de retard. Concrètement, il n’a aucune base en français même pas le présent. Il écrit comme il parle et encore c’est incompréhensible. Je me suis arraché les cheveux qu’il ne savait même pas le présent. Il nous répétait c’est la dyslexie, c’est comme ça ! Non pas possible, il a 14 ans et n’a même pas un niveau ce2. Incrédule, inquiéte et aucun soutien de mon mari qui est dys lui aussi mais à bac+2. C’est hallucinant de voir le peu de moyen qu’a l’école française pour ces gamins atteints de ce trouble. A quoi lui on servit les 2 ans d’école spécialisée.
  • Il a pris conscience de son manque « de capacité » à travailler. Il c’est révélé travailleur, assidue. Le travail du CNED lui convient. Il demande très peu d’aide, il a trouvé son rythme. La lecture est un calvaire. La nous sommes intransigeants car c’est le seul travail qu’on lui demande de préparer. Nous ne voulons pas qu’il perde de vue qu quand il reviendra au collège, le soir y a des devoirs. C’est son organisation, c’est important qu’il réussisse à nous rendre son compte rendu en temps et en heure. La gestion du temps est essentiel, pour un futur travailleur dans n’importe qu’elle branche.
  • Le seul problème mais nous le classons plutôt dans le fait qu’il est un ado, c’est que des fois sa traine, sa râle… Un ado en chair et en os.
  •  On est à mi parcourt et il a fini à 80 % son programme 5°. Il n’aura pas finit celui de 4° (définis avec ses profs) mais l’essentiel pour quelqu’un avec ce handicap c’est de ne jamais arrêté d’étudier. Sinon c’est très dur pour eux de remettre dedans.
  • Je ne sais pas ou il en ait de ses compétences mais je lui fait faire les mêmes dictées que Nina et je vois de petites améliorations.

Nina :

  • Au départ une élève avec une grande gueule à l’école et un niveau correct. Elle a des difficultés de lecture et nécessite une légère prise en charge en orthophoniste.
  • Nous lui avons appris en amont à travailler en autonomie. Les premières semaines super. Nous étions dans des sortes de révision. Les difficultés en français ont apparu. Manque de travail, très brouillons, très inefficaces, prises de tête. A me demander même si elle ne régressait pas. Son écriture illisible et manques de base. La rencontre de la famille « terre de rêves la vie en ballade »m’a remis en question. De passage en France j’ai acheté d’autres cahiers de vacances plus un cahier d’écriture. Nina n’était pas contente mais c’est comme ca.
  • A côté de çà niveau math, les divisons en 2 jours c’était acquis.
  • Avec elle, 2h c’est trop. J’ai descendu le temps. Ca dépend de ce qu’elle a à faire comme fiche. Le Français et la lecture sont toujours contraignants. Elle a commencé le CM1 mais l’orthographe est loin d’être acquis. Elle a de plus en plus un mauvais comportement et pas que pour l’école. Nina devient pimbêche. Elle nous pousse à bout. Elle a 9 ans mais nous avons l’impression d’avoir une ado.

Bilan

nous avons modifié nos objectifs. Si les enfants n’ont pas finis le programme établis tant pis. Ils apprennent autrement. Depuis la Roumanie ou le temps nous a permis de faire plus de choses, ils intéressent. Ils posent des questions.

Les musées ont toujours été bénéfiques. Quand nous avons de grosses sorties, ils ne travaillent pas, bien entendu.

Notre seule déception c’est qu’à 4 mois de l’aventure si on leur dit demain on rentre à la maison ils sauteraient de joie. Ils préfèrent toujours retourner à leurs écoles. Ils ne veulent toujours pas être là. Pourtant nous estimons qu’ils ont une chance incroyable et que ca leur apporte énormément.

Nous avons rencontré deux jeunes profs de sport de collèges dernièrement. Ils ont rassuré Adrien. Il ne voulait pas partir pour ne pas prendre plus de retard. On commence à voir Adrien se détendre et profité un peu plus du voyage.

Nina est fatigante, elle réclame tout, veut tout et surtout et trop insolente envers nous. C’est difficile de punir une enfant dans sa chambre quand on vit dans un camping-car. Nous n’avons pas trop de solution.

Un dernier bilan des enfants qui n’a rien à voir avec l’instruction scolaire mais plutôt d’instruction de vie en communauté. Les enfants font encore moins de corvée qu’à la maison. C’est à peine s’ils mettent la table (assiette trop haute et maman devant la cuisinière) et ils ne font la vaisselle que quand nous sommes en camping. avec un lit de 150 cm de long Nina arrive encore à être bordélique et d’entasser des tas de trucs (et aussi son linge sale).

Notre bilan en tant que prof :

Je n’aurai jamais pu être prof, je n’ai pas assez de patience et mon mari pas assez de confiance dans certaines matières. Ce qui est bien c’est que nous sommes complémentaires dans les compétences. Nous essayons de faire cette instruction comme nous pouvons. Je ne suis plus angoissée par : et si j’échoue et que mes enfants ne sont plus au niveau. Ils ne le comprennent peut- être pas encore mais ils ont déjà appris énormément et cette aventure leur servira.

Sommes-nous plus soudés? Pas encore, j’ai lâché certains trucs mais mon mari est encore trop crispé par les soucis mécaniques, électroniques pour profiter pleinement. Tout le monde est sous tension en fait.

Mais nous lâchons prisent petit bout par petit bout.

À propos de l’auteur

Emi administrator

1 commentaire pour l’instant

DelannoyPublié le11:42 - Août 12, 2018

Merci pour ce compte rendu ! Nous partons sac à dos 11 mois vers l’Asie et mon mari et mon aîné 4e sont assez à cheval sur les matières… Ça promet ! Bonne continuation.

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