Thaïlande : une semaine en Eco-volontariat chez “Baan Mama” chez les éléphants.

ParEmi

Thaïlande : une semaine en Eco-volontariat chez “Baan Mama” chez les éléphants.

C’est l’endroit temps attendu pour nous les parents. C’est le cadeau de noël de Nina. J’en suis très fière car je consulte cet endroit (sur internet) depuis que les BAAMS et Les Plems l’ont visité en janvier 2020. C’était une étape prévue sur notre trajet “avant Covid ” du 3 au 9 janvier 2022. Et je me suis tenue à mon planning. Nina n’en savait rien c’était son cadeau de noël. Elle les voit à travers la vitre, elle saute de joie. Mais elle n’a pas encore tout compris.


Qu’est-ce que Baan Mama ?

Brigitte tient un centre pour les éléphants âgés, malades ou fatigués de Thaïlande. Des éléphants qui ne peuvent plus travailler dans les « camps classiques » et qui, parfois, sont laissés à l’abandon sans soin, sans eau ni nourriture suffisante. Nous y passerons la semaine mais nous ne serons pas en vacances. Le matin nous devrons faire des taches l’après-midi s’occuper des éléphants.

Actuellement elle a trois éléphantes et un bébé qui sont domestiqués et non capturé dans la nature. Ce serait complètement illégal et complétement l’antithèse de Mama…

Tao : une vieille mémère de 62 ans à la retraite, c’est la première qui vient manger le matin et elle sait se faire comprendre.
Tami : est arrivée avec sa soeur Douidouille. Toutes les deux venaient des camps à nacelles. Je vous voie venir et j’expliquerai plus bas mon point de vue sur ces “camps”.
Tchou-tchou : le denier née de Douidouille. Il a vu le jour ici chez Mama il a presque un an.

Ils sont en semi-libertés. C’est à dire que les éléphants ne sont jamais seuls pour leur sécurité et la nôtres quand ils sont détachés.

Ils ont chacun un mahout. C’est quoi ce mot mahout ?

 

Et bien c’est pareil qu’un cornac. C’est un homme en général (il y a quelques femmes) qui s’occupe, dresse, soigne, nourrit et guide un éléphant tout au long de sa vie.
Quand Mama récupère un éléphant elle récupère son mahout. Ils ont une complicité avec leur pachyderme. Juste à la voix ils savent se faire obéir. Car ses grosses bêtes sont gloutonnes et très joueuses et quelques fois, leurs jeux sont dangereux pour l’homme. Donc ce sont des veilleurs.

Ils ont dans leur main chacun un dago. Oula encore un nouveau mot. Vite j’explique:

Le dago est un crochet qui permet au dresseur (il ne le dresse pas pour des numéros de cirque) de contrôler un minimum l’animal sans le blesser. L’objet ressemble à un piolet d’alpiniste sauf que son bout est arrondi donc pas pointu. Cet objet, je l’ai toujours vu accrocher aux épaules des mahouts. Je ne l’ai vue qu’une fois en action : quand Tami s’est attaquée au dernier cocotier. Pan, son dresseur s’en est servie pour la diriger ailleurs.

Le dago utilisé ici, ne peut en aucun cas blesser l’animal. Remarque, j’ai eu le dago dans mes mains à part me le recevoir sur le pied par inadvertance, sa pointe ne m’aurait rien fait. De plus, ma peau est largement plus fine que celle de ces grosses bêtes ! Un éléphant qui a mal ou qui a peur s’est impressionnant et redoutable. Il est domestiqué mais son mahout n’est jamais à l’abri de l’impressibilité de leur compagnon.

Ces animaux passent une grande partie de la journée à manger (10% de leur poids, soient environ 350 kg/ jour). Ils ne sont attachés que la nuit et quelques fois en journée quand leur mahout n’est pas là. En règle générale, chez Mama un éléphant mange, se balade se baigne… La vie de palais !

Maintenant que tout le monde a compris ce qui se passe au Baan Mama pour une fois je vais faire un article “prise de position”.

Prise de positions :

Deux sortes d’éléphants en Thaïlande :

  •  L’éléphant sauvage :malheureusement comme pour d’autres espèces il en reste peu, environ 5 000 dans ce pays et il est strictement interdit d’en capturer. Je fais l’impasse du pourquoi du comment : urbanisation, commerce.
  • L’éléphant domestiqué : celui-là m’intéresse. Pourquoi avoir domestiqué cet animal ? Sa remonte à Mathusalem, donc dans des temps très lointains. Dans les pays où vivaient ses pachydermes, l’homme les a domestiqué pour leur faire faire des taches lourdes (transports de bois, de marchandises, des cérémonies.). En Thaïlande un éléphant a la valeur d’un studio. Et il fait vivre des familles entières. Mais ceux-là, me rappel nous les européens ou autres civilisations ! Nous avons fait de mêmes avec nos chevaux et nos chiens. Les premiers servent encore aux transports de bois coupés ou la machine ne peut pas aller et le second travaille à la recherche des personnes ou de drogues. Les gens ne crient pas au scandale à la barbarie! Pour ces animaux ,c’est pareil si l’humain les traite bien il n’y a aucune polémique ou problème.

Plusieurs sortes d’exploitations en Thaïlande pour ces animaux :

  • Les camps à nacelles : lieu où les touristes se payent un tour sur le dos d’un éléphant. Et ca crie au scandale ! Petit rappel, tout dépend du propriétaire. Une nacelle bien montée sur un éléphant ne fait pas plus de mal qu’une selle de cheval. Tout dépend de la façon dont il est nourri, les soins qu’on lui procure et le nombre d’heures attaché en attendant sa “petite promenade”.
  • Les sanctuaires : c’est à la mode en majorité des “fakes”. Ils récupèrent de vieux éléphants plus il est meurtri plus le touriste va arriver en courant.
  • L’animal familial : son propriétaire a tout intérêt à ce qu’il soit bien traité. C’est soit son outil de travail pour les “corvées” soit il le loue et peut faire vivre sa famille. Mama loue ses animaux. (Dont deux mahouts sont leurs propriétaires, ils sont payés comme mahout salarié et payé de la location, tout bénef).
    Il y a surement d’autres exploitations, je n’ai pas approfondi donc je n’en parle pas.
    Ma préférence va dans des endroits où il y a peu d’éléphants, où ce n’est pas un business. L’appât du gain est souvent le plus fort pour ses gens-là. Voir des animaux en bord de route avec des grands panneaux, non merci.

Certains se sentent encore en colère?

Tout animal domestiqué meurt si on le remet dans la nature. Après avoir travaillé, après la sur- exploitation humaine quelles solutions ? Si les camps, les sanctuaires les éco-refuge ferment. Ils font quoi les propriétaires dont certains ont eu par héritage un éléphant. Car ca vit vieux ses bêtes -là ! Certains d’entre eux ne trouvant plus d’issue en sont venus à tuer leurs bêtes et les revendre bout à bout au marché chinois. Ce n’est pas le bon moyen.

En revanche, que des gens compétents encadrent et surveillent ce genre de lieu serait bénéfique. Que les touristes se renseignent sur l’éthique de leur choix du centre feront réfléchir les tours opérateurs et ainsi de suite.

On ne peut pas mettre tous les sanctuaires ou camps dans le même panier.

C’était mon coup de gueule à tout ce qui crie au scandale sans un minimum de recherches. Revenons à Baan Mama.

Qui est Brigitte et qui est Mama ?

Brigitte, une Belge, c’est réveillé un jour et là elle s’est dit je vais “sauver des éléphants” !

Non pas du tout ! Brigitte avant d’être Mama a vécu sa vie et a travaillé comme chef de cuisine, avait son resto. Puis elle a fait des volontariats dans des camps d’éléphants a vu le bienfait et le mal qu’on peut faire à ces pachydermes. Elle a beaucoup appris auprès des Mahouts, elle a écouté, elle a cherché et cherche encore sur les commodités à apportés. Elle a trouvé les bonnes personnes pour lui enseigner ce qu’elle ne connaissait pas sur ses êtres. Elles soigne, nourrie ses animaux avec de la qualité.

Elle a trouvé son “endroit” pour offrir un refuge à des éléphants. Elle ne veut pas d’un centre à grande échelle. Elle veut rester à taille humaine ne pas en faire un commerce à grands flots de touriste. D’ailleurs elle nous l’a répété bien souvent.” Je ne suis pas la patronne, c’est les éléphants les patrons”. (Elle gère son équipe humaine).

Brigitte est devenue “Mama”, elle veille sur ses petits et pas qu’eux. Au centre vous avez des chiens, des chats, des poules, des coqs. En fait pour moi “Mama” est la nounou, la gardienne de tous ces animaux. Quand elles les voient arrivés, elle les regarde avec tendresse, amour.

Elle se bat tous les jours depuis la Covid pour offrir une qualité de nourriture et de soin. Nous l’avons vu troublé car à ce jour elle ne peut tenir que jusqu’à fin février. La Thaïlande a changé ses entrées touristiques et c’est quand même nous, sa source principale de rentrer d’argent.

Que va ton faire à Baan mama ?

Nous avons choisi la formule six jours, car nous avons soif d’apprendre et d’aider. Presque deux ans que je trépigne d’impatience!

Nous ne sommes pas les seuls, une autre famille “les Kilts en poncho” sont là avec quatre enfants. Nina est ravie. Cela fait plusieurs mois qu’elle n’a pas vu d’ados. Il y a aussi deux jeunes couples.

Nous avons une chambre pour nous trois (de l’eau chaude et un frigo qui marche c’est top le luxe).

Nous sommes arrivées au bon moment. Tao arrive car il est l’heure de ses boulettes accompagnées d’ananas. Mama nous les met dans les mains et hop la magie s’installe. Une grosse bébête te prend dans la main, sérieux là ! (on ne s’aperçoit pas de la présence du mahout toujours très discret).

Petit briefing : règles de sécurité, les corvées mais pas qu’eux.

  • Les corvées pour les enfants : ramassage de cacas dans les enclos chaque matin. 350 kg de nourritures avalées aussitôt éjectés. En revanche ce n’est pas comme le cheval ça pue pas.
  • Cécé: comme à son habitude, il va bricoler, il passera deux jours à essayer de remettre en marche les WC du restaurant. Mama devra faire venir quelqu’un. Il remettra en état le ponton. Il réparera la rallonge que “chauffe-eau le chiot ” aura grignotée. Et des petits trucs.
  • Emi : je me chargerai pendant deux jours du décrassage de l’arrière-cuisine. Quand il y aura besoin, le nettoyage des chambres qui ont étaient quittées.

En fait nous sommes en éco volontariat et les corvées sont en matinées en règle générale. Certains ne comprennent pas le principe. Nous sommes des volontaires oui mais nous payons. Encore une fois Mama ne fait pas ça pour le “fric” et elle doit les nourrir ses animaux. Elle doit les payer ses factures.

Les récompenses viennent tout au long de la journée. Combien de fois on s’arrête quand ils arrivent et qu’ils réclament leurs fruits bananes, ananas, goyaves. Tami mange même les troncs des bananiers ! Ils viennent deux fois par jour se nourrirent et après partent en balade, pour manger en pleine nature ce qu’ils trouvent. Le bain c’est tous les jours. Il fait froid donc la rivière c’est moins souvent.

On ne se lasse pas de voir tchou-tchou faire le pitre entre sa mère et sa tante. On s’ectasie quand il prend son bain. Il est trop jeune pour la rivière.

On part en balade. Nous avons eu la chance de pouvoir monter sur eux. L’éléphant peut te faire vite comprendre qu’il n’accepte pas de t’avoir sur son dos. Chacun notre tour à des jours différents nous avons pu voir le monde de plus haut.

Nina c’est cru dans “Princesse Sara” en Inde. (à valeur égale à l’homme, le poids que supporte l’Eléphant et comme si nous avions 600 gr sur nos épaules)

La vie est cool à Baan Mama: 

Les enfants se jettent dans la rivière, font du canoë, le soir sa papote, sa joue au Uno.

Et vient le moment ou les six jours sont finis:

Quoi déjà mais je n’ai quasiment rien appris. Quelques trucs :

  • Bébé adore jouer avec sa trompe et il m’a mis plusieurs coups qui font juste mal sur le coup. On m’avait dit de ne pas m’approcher quand il avait les pattes sur l’enclos.
  • Que Tao a du mal à manger et a un début de cataracte, donc faut faire attention que les bananes soient bien mures et qu’elle boive assez. Qu’elle peut surgir de partout malgré ses 3T5 on ne l’entend pas !
  • Que Tami et Douidouille sont inséparables, à part pour la nuit sinon avec le petit c’est ingérable.
  • Mais surtout nous avons été témoins de l’amour des mahouts, la qualité de leur soin.
  • Mama c’est une leçon de vie, une battante qui ne lâche rien, et une foutue bonne cuisinière.
  • Merci pour les kilos que nous avons pris.

Je vais regretter cet endroit. J’adorais me lever vers 7 h quand la nature se réveille que je pouvais voir la douceur de la rivière sans personne.

Pour conclure, c’est ma prise de position, mon vécu et celle de ma famille. Je pense que les gens doivent vivre cette aventure avant de juger.

Allez voir son site à Baan mama :

À propos de l’auteur

Emi administrator

2 commentaires pour l’instant

Sandra lacoffrettePublié le1:04 - Fév 23, 2022

Vraiment très cool et très intéressant j espère pouvoir vivre cette même aventure dans quelques années gros bisous à bientôt

HélènePublié le7:48 - Fév 25, 2022

Ca fait rêver 👍😘💕

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